Face à la victoire de Syriza en Grèce

Publié le par Courant Communiste Révolutionnaire


Communiqué du CCR

Dimanche 25 janvier le parti d’Alexis Tsipras, Syriza, a remporté les élections grecques. Il obtient 36% des voix et 149 députés sur 300 que compte le Parlement, à deux députés seulement d’obtenir la majorité absolue. Il s’agit d’un résultat historique : c’est la première fois depuis plus de 40 ans que ni les conservateurs de Nouvelle Démocratie ni les socio-démocrates du PASOK ne vont gouverner le pays.

Dimanche 25 janvier le parti d’Alexis Tsipras, Syriza, a remporté les élections grecques. Il obtient 36% des voix et 149 députés sur 300 que compte le Parlement, à deux députés seulement d’obtenir la majorité absolue. Il s’agit d’un résultat historique : c’est la première fois depuis plus de 40 ans que ni les conservateurs de Nouvelle Démocratie ni les socio-démocrates du PASOK ne vont gouverner le pays.

Ce vote exprime clairement un rejet profond de l’électorat grec, notamment des couches populaires, des politiques d’austérité imposées par la Troïka et ses partenaires locaux depuis le début de la crise, qui ont plongé le pays dans une crise sociale, politique et même humanitaire inouïe.

En ce sens, la défaite d’Antonis Samaras qui obtient 28% des voix (8% derrière Syriza) est sans doute un coup porté contre les impérialistes et la Troïka. Le PASOK de son côté n’atteint même pas les 5% des voix, un effondrement historique de « l’aile gauche » du bipartisme grec. Quant à Yiorgos Papandréou, qui avait quitté le PASOK et pour former un nouveau parti en décembre, il n’arrive pas à dépasser barre de 3% pour rentrer au parlement. Tout cela exprime la profonde crise de la social-démocratie grecque, ce qui est vu avec inquiétude par les dirigeants des différents partis socio-démocrates d’autres pays européens, à commencer par ceux de l’Etat Espagnol et même la France.

Les néonazis d’Aube Dorée confirment leur position en tant que troisième force politique, malgré le fait que ses dirigeants se trouvent actuellement en prison, avec 6,3% des voix. Ils sont suivis de près par les centristes de To Potami et par le parti communiste, KKE. Enfin, les souverainistes de droite, Grecs Indépendants, obtiennent près de 5% des voix.

Malgré cette grande victoire électorale pour Syriza, nous ne pouvons qu’attirer l’attention sur le décalage entre les aspirations des travailleurs, de la jeunesse et des classes populaires à l’égard d’un futur gouvernement dirigé par Syriza et le caractère de plus en plus conciliateur avec la bourgeoisie et les dirigeants de l’Union Européenne de la direction du parti d’Alexis Tsipras.

Ainsi, malgré le bonus antidémocratique du régime politique grec qui attribue 50 parlementaires supplémentaires à la formation arrivée en tête des élections pour faciliter la formation d’un gouvernement, Syriza est obligé de chercher des partenaires pour former une coalition. C’est ainsi que ce matin on apprenait par la voix du leader du parti souverainiste de droite et anti-immigration, Grecs Indépendants (ANEL), que ce parti et Syriza seraient arrivé à un accord pour former un gouvernement.

La formation de cette coalition est un premier tournant à droite de Syriza, et cela quelques heures seulement après avoir remporté la victoire aux élections. Même si l’on évoquait déjà cette possibilité depuis quelques semaines, il s’agit sans aucun doute d’une orientation qui est contradiction avec le point de vue d’une grande partie de sa base électorale, notamment concernant la question de l’immigration sur laquelle les souverainistes se sont déclarés ouvertement hostiles.

Nous dénonçons toute tentative d’intimidation et de chantage de la part des impérialistes contre Syriza et son gouvernement. Mais en même temps nous affirmons que pour nous seule la mobilisation indépendante des différentes options bourgeoises de la classe ouvrière et de la jeunesse pourra, d’une part, freiner une adaptation accélérée de la part de Syriza au régime et, d’autre par, lutter réellement pour apporter une réponse de fond aux problèmes les plus urgents des masses. Cette solution de fond passe pour nous par la lutte contre le capitalisme et pour la constitution d’un véritable gouvernement de l’ensemble des exploités et des opprimés !

26/1/2015.

Face à la victoire de Syriza en Grèce

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