Alain Pojolat relaxé par le tribunal… mais le Parquet fait appel

Publié le par CCR/NPA

Alain Pojolat relaxé par le tribunal… mais le Parquet fait appel

Claire MANOR

Le 22 octobre à 9 heures avait lieu au Palais de Justice de Paris, le procès d’Alain Pojolat. Notre camarade du NPA comparaissait en justice pour avoir demandé, au nom d’un grand nombre d’organisations, l’autorisation de manifester à Paris, le 19 juillet dernier, en défense des Palestiniens de Gaza, assassinés sous les bombardements de l’armée israélienne, et pour avoir transgressé l’interdiction de manifester prononcée en réponse par la préfecture.

La genèse d’un procès entièrement politique, dans un tribunal correctionnel

Le motif de l’interdiction était évidemment politique. Il s’agissait pour Hollande, qui avait très clairement apporté son soutien à Israël, d’accréditer la thèse des menaces « antisémites » que représentaient soi-disant les manifs pro-palestiniennes et d’introduire la division parmi les défenseurs de la cause palestinienne entre ceux qui étaient pour respecter l’interdit et ceux qui auraient choisi de le transgresser.

Alain Pojolat n’a évidemment pas été désigné comme cible par hasardmais en raison de sa trajectoire militante en direction de la cause palestinienne et surtout de son soutien à Georges Ibrahim Abdallah, combattant libanais toujours incarcéré en France alors que, juridiquement libérable depuis 1999. Bref, à travers lui, c’est le symbole du soutien militant à la cause palestinienne qui était visé.

Fontaine Saint Michel : un rassemblement solidaire et déterminé

Fidèle à sa volonté de répression, la préfecture avait interdit l’organisation d’un rassemblement de solidarité avec le camarade inculpé devant les « grilles du Palais ». Il s’est donc tenu devant la fontaine Saint Michel, dès 8h30. Bien que relativement limité en nombre, compte tenu du jour et de l’heure du procès, ce rassemblement, aboutissement d’une mobilisation très active, a représenté une réelle action de front unique, puissante et dynamique. Les organisations politiques, syndicales et associatives ont été très nombreuses à dire « présentes » ; les prises de parole de visages connus (Olivier Besancenot, Arlette Laguillier, Eric Coquerel, Omar Slaouti…) ou moins connus, ont été offensives et convergentes, scandées à intervalles réguliers par le mot d’ordre « Palestine vivra, Palestine vaincra ! ».

Au-delà de la défense d’Alain Pojolat, il a représenté une nouvelle manifestation en soutien des Palestiniens en bute au colonialisme israélien et aux exactions fomentées par le gouvernement Netanyaou ; un prolongement à toutes les manifestions qui ont témoigné d’un large mouvement en faveur des Palestiniens et que veulent museler Hollande, Valls et la bourgeoisie pro-sioniste, secondés dans cette tâche par la police et la justice.

Après la relaxe, le parquet fait appel

Le procès d’Alain Pojolat était donc politique et personne ne s’y est trompé. Dans le tribunal, le ton était donné et ne manquait pas de grandeurlorsque résonnait le mot d’ordre « Palestine Vivra, Palestine vaincra » et lorsqu’Alain Pojolat en réponse à la question de savoir s’il était prêt à appeler à une manifestation interdite a déclaré qu’ilavait le plaisir de dire que la réponse était « oui ».

C’est ainsi qu’il faut comprendre la requête initiale du procureur qui était « la condamnation à 2 mois d’emprisonnement avec sursis et 1500 euros d’amende ». Il ne s’agissait pas de donner une peine lourde qui aurait pu mettre le feu aux poudres, mais de démontrer la capacité répressive de l’Etat et de la Justice à travers une sanction. Bien entendu, du côté d’Alain Pojolat, des camarades qui le soutenaient place Saint Michel et du peuple palestinien, le seul prononcé acceptable était la relaxe.

Le juge a, contre la requête du procureur, prononcé la « relaxe », une victoire pour le mouvement de solidarité avec la Palestine ce qui constituait une victoire pour la classe ouvrière en France et en Palestine, [un peu trop] et une claque pour le gouvernement. La réaction ne s’est pas fait attendre. Ce verdict n’était pas supportable pour les meilleurs amis de Tsahal que sont Hollande et Valls et aujourd’hui on apprend que le parquet fait appel. La procédure peut désormais prendre des mois.

Cependant, un tel rebondissement qui prend l’allure d’un véritable acharnement risque de se retourner contre le Parquet et le gouvernement car il s’est constitué, autour du procès d’Alain Pojolat, une véritable opposition au déni de démocratie et à la négation des droits des Palestiniens que l’interdiction de manifester et l’inculpation qui a suivi représentaient.

A la répression une seule réponse, auto-organisation et front unique

Au-delà de « l’affaire Pojolat », comme l’ont souligné plusieurs orateurs lors du rassemblement, c’est la capacité des militants combatifs, dans tous les secteurs, à jouer un rôle dans les luttes, dans leur convergence, dans la capacité à s’affronter, à tenir bon dans la durée et face à la répression qu’ils ne peuvent supporter. Dans la dernière période où l’on a vu les travailleurs relever la tête, qu’il s’agisse des boîtes en lutte comme Good Year, PSA et bien d’autres…des postiers du 92, des cheminots, des intermittents et précaires, des travailleurs de la santé, … et quelles que soient les défaites ou les victoires, la répression sous ses formes patronales, policières et juridiques, partout s’abat sur les militants combatifs.

Mais des actions de mobilisation directe contre la répression commencent à se mettre en place. Nul doute Il y a fort à parier, et nous espérons bien, que ce nouvel épisode de répression ouvertement politique et dont la vacuité juridique est avérée va faire monter la colère et la mobilisation d’un cran.

Lien avec le site du CCR

Publié dans Palestine, Répression

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