Nouvelle étape très difficile pour l'abattoir de volailles destinées au grand export. Il sollicite auprès de bpifrance un emprunt obligataire de 4 millions d'euros.

Publié le par Les Echos

Nouvelle étape très difficile pour l'abattoir de volailles destinées au grand export. Il sollicite auprès de bpifrance un emprunt obligataire de 4 millions d'euros.

Tilly-Sabco va-t-il pouvoir se redresser ? Les prochains jours seront déterminants pour l'abattoir de volailles destinées aux marchés du Moyen-Orient. Privé de subventions européennes - les restitutions -, son dirigeant, Daniel Sauvaget, sollicite de toute urgence pour sa société holding S2A un emprunt obligataire de 4 millions d'euros. Il souhaite lever cette somme auprès de bpifrance afin de « sécuriser la trésorerie » et « monter en puissance » l'activité de l'entreprise sur « les prochains mois ». 3,6 millions d'euros seront destinés à l'abattoir Tilly-Sabco. Le solde sera investi dans la société Ecomiam. Spécialisée dans la distribution de produits alimentaires surgelés, elle a été créée par Daniel Sauvaget pour offrir de nouveaux débouchés à son abattoir. « Je dispose des garanties à apporter, cet emprunt me permettra de négocier sereinement l'entrée d'un investisseur dans mon capital », indique aux « Echos » Daniel Sauvaget.

Subventions débloquées

Vendredi à Guerlesquin (Finistère), au siège de l'entreprise, les syndicats emmenés par la CGT ont « retenu » pendant quelques heures les élus locaux invités par Daniel Sauvaget à prendre connaissance de la situation de l'entreprise de 360 salariés. « Je condamne cette méthode qui consiste à retenir des élus de la république », indique Pierrick Massiot, le président du Conseil régional de Bretagne. Ce coup de force aurait néanmoins permis à Tilly-Sabco le déblocage par l'Etat et les collectivités de 630.000 euros de subventions diverses déjà promises mais pas encore libérées. Ils permettront au dirigeant d'honorer ses prochaines échéances, notamment les salaires de février tout en sachant que le personnel subit une à deux journées de chômage technique par semaine. La région, l'Etat, les banques, sont également sollicités par Tilly-Sabco pour verser par anticipation à ses éleveurs de volailles une partie de 15 millions d'euros prévus par l'Europe dans le cadre de la politique agricole commune. Ces fonds européens apportés à la France de façon « exceptionnelle » ne seront débloqués par Bruxelles qu'en décembre 2014. Le conseil régional a fait savoir qu'il engagerait 4 millions d'euros dans cette opération pour laquelle il constitue un pool bancaire. Tilly-Sabco et son confrère Doux également bénéficiaire de la mesure, pourront ainsi acheter à un prix plus bas les volailles ensuite vendues au Moyen-Orient où les deux français sont en concurrence frontale avec les transformateurs brésiliens très compétitifs.

Le Comité interministériel de restructuration industrielle suit au jour le jour l'évolution de la situation périlleuse de Tilly-Sabco. Un dépôt de bilan de cet opérateur aurait des conséquences sur plus de 1.000 emplois en Bretagne si l'on y intègre les éleveurs, les transporteurs, les fournisseurs d'aliments et les activités d'exportation de volailles congelées du port de Brest.

Publié dans Finistère, Luttes

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