Pacte de responsabilité : le grand patronat ne fait même pas semblant

Publié le par Lutte Ouvrière

Pacte de responsabilité : le grand patronat ne fait même pas semblant

Le pacte de responsabilité annoncé par Hollande lors de ses voeux du nouvel an avait été accueilli avec un large sourire par le patronat.

La fin des cotisations familiales pour les entreprises, c'est-à-dire 30 milliards d'euros d'exonérations après le cadeau du CICE (crédit impôt compétitivité emploi) qui s'élevait déjà à 20 milliards d'euros : les patrons avaient de quoi être satisfaits.

Lorsque Hollande avait fait son annonce, le président du Medef, Pierre Gattaz, avait évoqué la possibilité que les entreprises créent un million d'emplois... si le cadeau supplémentaire s'élevait à 35 milliards d'euros. Il s'agissait d'encourager le gouvernement à s'engager pour la somme la plus importante possible. Mais depuis, après les encouragements, le patronat est passé aux avertissements.

Alors qu'il accompagnait Hollande aux États-Unis, le même Pierre Gattaz a déclaré lundi 10 février qu'il était hors de question qu'il y ait la moindre contrepartie au pacte de responsabilité. Le patronat exige qu'on allège ses impôts et cotisations de dizaines de milliards d'euros mais, s'il a besoin d'embaucher, il embauchera, et sinon il n'embauchera pas. Il ne s'engagera donc à rien.

Hollande et son gouvernement, en loyaux serviteurs du grand patronat, savaient à quoi s'en tenir dès le départ. Ils ne comptaient sûrement pas tenter de lui imposer la moindre contrepartie. Il n'y a qu'à voir à ce propos ce que Montebourg a déclaré au journal économique Les Échos le jour même où Gattaz fulminait contre d'éventuelles contreparties. À la question « Y aura-t-il des sanctions ? » si les entreprises n'embauchent pas, Montebourg a répondu : « La sanction, ce sera le regard de la nation dans toutes ses composantes. » Les patrons doivent avoir été terrorisés !

Pierre ROYAN

Publié dans Medef

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