Finistère, le coup de gueule des Gad pour leur reclassement

Publié le par Ouest-France

L’habituelle réunion du mardi des ex-Gad s’est tenue, non pas à la Tannerie, mais au Pôle de métiers de Landivisiau où se trouve la cellule de reclassement.
 
L’occasion d’y crier son « inefficacité ».

« On est encore grugé », se consterne, haut et fort, un des quelque 250 ex-salariés de Gad réunis, mardi matin, au Pôle de métiers à Landivisiau. Pour cette fois, ils délaissent la traditionnelle réunion du mardi matin à La Tannerie pour venir dire leur « impatience » et dénoncer « la lenteur, et la déshumanisation » des deux entreprises, Aventia et Altedia, qui composent la cellule de reclassement des 889 salariés licenciés de l’abattoir depuis le 29 novembre.

Une atmosphère tendue régnait dans le hangar qui sert de formation aux futurs caristes. Les quatre préfabriqués qui y sont installés servent de bureaux d’entretiens, dans le cadre des reclassements de ex-Gad. Le leader syndicaliste Olivier Le Bras et Jean-Marc Puchois, le maire de Lampaul-Guimiliau, sont une nouvelle fois aux avant-postes, entourés des deux directeurs de la cellule de reclassement, Pascal Barthélémy pour Aventia et François Chatard pour Altedia.

« Quels sont les critères d’un bon CV ? » Deux responsables qui ne sont manifestement pas très à l’aise dans cet exercice d’explication devant un public sur la défensive. « Comment expliquez-vous que sur trois CV identiques, rédigés par des professionnels, l’un soit jugé mauvais par les consultants, l’autre, moyen, et le troisième, parfait ? Quels sont les critères d’un bon CV ? » interroge cet ex-salarié qui vient de vivre l’expérience. « Un CV doit être adapté au travail recherché ou proposé », répond, de manière évasive, l’un des responsables. Ce qui lui vaut d’être sifflé. Donnant une idée de l’ambiance qui règne entre deux mondes qui manifestement ne se comprennent pas.

Ou encore le témoignage porte-parole d’un élu syndical. « Une employée est arrivée en pleurs dans mon bureau. On lui a demandé de se former à l’informatique. Elle n’a même pas d’or- dinateur chez elle. On lui a inculqué une journée entière de formation théorique. C’est se foutre des gens ! » Sans apporter de réponse, un des directeurs répond : « Je peux vous dire ici, haut et fort, que l’on est là pour aider les salariés. »

Des situations ubuesques où le chien se mord la queue. Comme cet homme candidat au permis poids lourd. « J’ai trouvé un emploi près d’ici. Dans un premier temps, comme chauffeur de fourgon. Mais celui qui devrait être mon futur patron me demande de passer le permis poids lourd en vue du développement de son affaire ». Poursuivant son témoignage : « Je me suis entendu répondre que la cellule n’avait pas à payer des formations sans la garantie d’un emploi. Alors, comment on fait puisque cet argent, il existe pour cela ? » Ce qui fait réagir vivement une femme. « Respectez au moins les gens. On n’est pas demandé à être dans cette situation. Faites votre boulot ou allez en formation ! »

À ce jour, seuls 27 salariés ont accepté de travailler à l’abattoir de Josselin et « trente ont trouvé du travail par eux-mêmes », confirme Olivier Le Bras. Qui reproche : « La cellule apporte son assistance aux salariés qui arrivent avec un projet tout ficelé. Mais pas suffisamment à ceux qui sont paumés, ceux qui n’ont pas fait leur deuil de l’abattoir. Ce sont eux les plus vulnérables qui doivent vraiment être épaulés. »

Après un débriefing entre directeurs, syndicalistes et politiques présents, une nouvelle réunion est programmée pour faire le point avec les ex-salariés, le 10 janvier, à 10 h, au Pôle de métiers. Gilles ALLIAUME

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/finistere-coup-gueule-gad-pour-leur-reclassement-18-12-2013-123353

Finistère, le coup de gueule des Gad pour leur reclassement

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