«Pacte d’avenir pour la Bretagne»

Publié le par Le Militant

Du syndrome de Carhaix à la réconciliation avec la CFDT pour un pacte social organisant les licenciements

Les syndicats CGT, FSU et Solidaires mais aussi CFDT, UNSA, CFTC et CGC de Bretagne appellent à 4 manifestations dans chaque préfecture le samedi 23 novembre à 15h. L’unité au sommet avec la CFDT et les organisations signataires de l’accord national interprofessionnel de janvier devenu depuis une redoutable loi contre le code du travail, se fait donc avec les dirigeants qui ont, le 2 novembre, appelé à laisser les travailleurs seuls avec la FNSEA en allant à Carhaix. Le site confédéral CGT titre : «Unité syndicale le 23 novembre pour un pacte social.» FO n’y est pas et nul doute qu’on entendra que c’est parce que FO est maquée avec «la droite», etc. La vraie raison est que l’UD-FO du Finistère – une UD opposante au sein de la confédération FO, qui cherche à être fidèle au courant anarcho-syndicaliste et n’a pas voté les rapports d’activité des deux derniers congrès confédéraux – a claqué la porte du «dialogue social» pour un «pacte d’avenir pour la Bretagne», alors que, comme l’indique déjà le titre du site de la CGT, il s’agit pour les organisateurs du 23 novembre d’en faire un véritable «pacte social».

Un pacte social avec qui, si ce n’est, outre le gouvernement et le conseil régional, le MEDEF et la FNSEA ? Voila qui apporte un certain éclairage à l’insulte adressée aux manifestants de Quimper du 2 novembre, ces « esclaves du MEDEF et de la FNSEA » … Mais on peut en juger d’après le texte même de l’appel CGT-FSU-Solidaires-CFDT-UNSA-CFTC-CGC, texte intégral sur :  http://www.solidaires.org/IMG/pdf/Declaration_intersyndicale_du_13_Nov_2013.pdf.

Le refus des licenciements ne figure à aucun endroit du texte. «Combattre les suppressions d’emplois» est une formule passe-partout qui veut d’autant moins dire s’opposer aux licenciements qu’on peut lire un peu plus loin : «Des mesures d’accompagnement dépassant le cadre administratif actuel pour les salariés touchés par les suppressions d’emploi ont été obtenues pour certaines situations. Elles doivent être améliorées et étendues à l’ensemble des salariés notamment des TPE et PME souvent oubliés, et bien au-delà de la seule filière agroalimentaire.» Toutes les suppressions d’emplois sont donc entérinés : les dirigeants des organisations signataires combattent pour l’accompagnement des licenciements passés, actuels et futurs.

Pire encore : «Les mutations industrielles, quand il est démontré qu’elles sont inévitables, doivent être anticipées pour permettre aux salariés de se réorienter et se former dans un parcours sécurisé et ainsi éviter les suppressions d’emploi. La mobilité des salariés doit être accompagnée par des droits importants et pérennes.» On sait ce que cela veut dire sous la signature de la CFDT : ces droits «importants et pérennes» sont ceux de l’accord de janvier transcrit dans la loi en avril.

Mais sous la signature de la CGT, de la FSU et de Solidaires ? Rien d’autre que l’amorce d’un ralliement à la mise en œuvre de cette loi. Et tous les signataires d’annoncer qu’ils «… s’engagent dans le dialogue social».

Et d’appeler à la répression : «Nos organisations sont pleinement solidaires des salariés actuellement victimes des licenciements et partagent leur colère, l’angoisse de leur famille et de leur entourage.Pour autant, face aux manœuvres de récupération de cette détresse, nos organisations dénoncent les discours et postures réactionnaires et affirment leur refus de la violence et du vandalisme, de la destruction de biens publics à ce jour impunie.»

Terrible leçon de choses, qui montre que le débat Carhaix-Quimper ne fut pas un épisode, mais un tournant. Ceux qui ont mimé le «classe contre classe» en dénonçant les ouvriers et ont appelé à la désertion de Carhaix se retrouvent maintenant avec le MEDEF et la FNSEA pour négocier le «pacte d’avenir pour la Bretagne» et en faire un «pacte social» et appellent d’ores et déjà à une répression policière qui se retournera inévitablement contre la classe ouvrière, si elle ne la vise déjà.

Dans toute la France, les militants CGT, FSU et Solidaires doivent maintenant s’inquiéter de la situation : au nom d’on ne sait quel «antifascisme» d’union sacrée avec les écotaxes gouvernementales, leurs organisations, ou plus exactement les structures régionales de celles-ci parlant en leur nom, sont en train d’amorcer la réconciliation avec les partisans de l’ANI et de sa mise en œuvre, cela précisément au moment où le parlement risque maintenant de voter la loi anti-retraites.

http://www.le-militant.org/Militant/Actualite/Entrees/2013/11/16_Du_syndrome_de_Carhaix_a_la_reconciliation_avec_la_CFDT_pour_un_pacte_social_organisant_les_licenciements.html

«Pacte d’avenir pour la Bretagne»

Publié dans Luttes

Commenter cet article