Pays basque : Émilie Martin refuse d'être entendue par la justice espagnole

Publié le par Sud-Ouest

Pays basque : Émilie Martin refuse d'être entendue par la justice espagnole

La soeur d'Aurore Martin était convoquée à Madrid dans le cadre d'une enquête sur Herrira, groupe de soutien aux prisonniers basques parmi lesquels d'anciens membres de l'ETA

Selon l'AFP, la militante basque Emilie Martin ne répondra pas à une convocation de la justice antiterroriste espagnole.

"Je ne vais pas aller devant un tribunal qui bafoue les droits de l'Homme", a déclaré Emilie Martin, convoquée à Madrid par l'Audience nationale, juridiction spécialisée notamment dans les affaires de terrorisme. Emilie Martin a précisé avoir été convoquée pour "appartenance à une organisation terroriste, financement et apologie du terrorisme", dans une enquête portant sur Herrira, groupe de soutien aux prisonniers basques parmi lesquels d'anciens membres de l'ETA de l'organisation séparatiste basque ETA.

Emilie Martin, 28 ans, porte-parole d'Herrira, a assuré être "parfaitement consciente des conséquences" de son choix. "Mon absence à l'audience va entraîner automatiquement l'émission d'un mandat d'arrêt européen délivré par Madrid et la France va devoir décider si elle l'applique ou non".

Il y a tout juste un an, le 1er novembre 2012, la décision d'exécuter le mandat visant sa soeur, Aurore Martin avait déclenché des réactions politiques hostiles à gauche et à droite, au Pays basque et au-delà.

Emilie Martin a commencé à militer à 16 ans dans les mouvements de la jeunesse nationaliste. Elle a été porte-parole de Segi, mouvement interdit en Espagne pour ses liens présumés avec l'ETA et dissous en juin 2012 au Pays basque français. En 2003, elle avait été placée en garde-à-vue à Bayonne dans le cadre d'une procédure pour appartenance à l'ETA. Mise en examen, elle a été sous contrôle judiciaire jusqu'en 2005, avant de bénéficier d'un non-lieu. Depuis janvier 2013, elle est salariée et porte-parole d'Herrira à Bayonne.

Selon elle, les motifs de sa convocation devant l'Audience nationale sont les mêmes que ceux pour lesquels 18 membres d'Herrira ont été arrêtés le 30 septembre par la Garde civile espagnole dans plusieurs villes basques espagnoles. Les 18 militants, jugés trop proches de l'ETA, sont poursuivis pour appartenance à un groupe armé, apologie et financement du terrorisme. Ils ont été remis en liberté.

Aurore Martin, sa soeur de 34 ans, avait été interpellée et remise à l'Espagne pour sa participation à des manifestations de Batasuna, mouvement interdit depuis 2003 en Espagne où il était considéré comme la branche politique de l'ETA, mais alors légal en France. Elle n'avait pas été inquiétée depuis 2011, en dépit d'un mandat d'arrêt validé en 2010.

Sa remise à l'Espagne, où elle a été libérée sous caution le 22 décembre 2012, pour des faits non répréhensibles en France, avait été vivement critiquée par des élus de droite comme de gauche et entraîné une importante mobilisation, au point que le président socialiste François Hollande avait publiquement démenti toute intervention gouvernementale.

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