Offres d’emploi du pôle emploi : Arnaques, flicage et offres d’emploi illégales

Publié le par CGT chômeurs du Morbihan

Offres d’emploi du pôle emploi : Arnaques, flicage et offres d’emploi illégales

Lien avec le site de la CGT Chômeurs Rebelles du Morbihan : http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.fr/2013/11/dossier-special-offres-demploi-du-pole.html

Dossier spécial "offres d’emploi" du pôle emploi : Arnaques, flicage et offres d’emploi illégales, les pièges à éviter

Nous avons évoqué à plusieurs reprises ce sujet. Voici regroupés dans notre dossier spécial notre analyse sur les offres d’emploi au Pôle emploi. Après avoir lu notre article, vous ne consulterez plus jamais le site pole-emploi.fr de la même façon...

Sommaire :

1) Récupérer les offres d’emploi et les rendre accessibles à tous : De moins en moins vrai

2) Quand pôle emploi diffuse des offres discriminatoires et illégales

2-1 Quand pôle emploi participe à la discrimination 2-2 Le scandale des offres d’emploi illégales

3) Quand Pôle emploi met, à disposition des patrons, de la main d’oeuvre gratuite 3-1 EMT (évaluation en milieu de travail) et EMTPR (évaluation en milieu de travail préalable au recrutement) 3-2 POE (préparation opérationnelle à l’emploi) et AFPR (action de formation préalable au recrutement) 3-3 Les contrats aidés (CUI, CAE, CIE, emplois d’avenir) 3-4 Les contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation

4) "150 offres d’emploi correspondent exactement à vos critères" : Attention, gros mensonge !

5) Quand pôle emploi choisit d’abandonner "l’intermédiation" et privatise son activité "offres d’emploi"

6) L’offre raisonnable d’emploi : Sur pole-emploi.fr, souriez, vous êtes fliqués !

7) Intérim, presse, sites internet, méta-moteurs de recherche, cabinets de recrutement : Est-ce mieux ailleurs ?

8) Comment trouver quand même des offres intéressantes sans se faire fliquer dans cette jungle des offres bidons, pourries, ou illégales ?

1) Récupérer les offres d’emploi et les rendre accessibles à tous : De moins en moins vrai

Depuis sa création en 1967, l’Anpe est, entre autres, chargée « de la prospection des emplois disponibles et du placement des travailleurs » (ordonnance du 67-578 du 13 juillet 1967). Mais l’Anpe n’a jamais eu le « monopole » des offres d’emploi : Si les employeurs peuvent utiliser les services de l’Anpe - puis de Pôle emploi - pour recevoir des candidatures correspondant à leurs besoins, jamais ils n’en ont eu l’obligation. Ce qui explique que de nombreux contrats sont signés directement entre les employeurs et les salariés (bouche à oreille, candidatures spontanées…). De plus, de nombreuses offres passent par d’autres canaux : Intérim, Presse, Cabinets de recrutements, sites internet des employeurs… Car il existe un paradoxe selon lequel plus il y a de chômage, plus il y a de précarité, et plus il y a de contrats, car de nombreux employeurs sont touchés par le syndrome du « recrutement Mc Donald » qui consiste à faire tourner entre 5 et 10 salariés sur le même poste dans l’année. Ce qui, de fait, multiplie les embauches !

Sur le bassin de Lorient, 15000 personnes ont signé 130000 contrats en 2012. Un turn-over sans précédent.

Sur le même bassin, et dans le même temps, Pôle emploi a diffusé 2000 offres d’emploi.

Le bilan reste très très mauvais, et Pôle emploi fait tout pour cacher l’ampleur des dégâts :

Un intérêt quand même concernant les offres Pôle emploi : Un quart de ces offres sont en CDI temps plein.

Et pourquoi les offres d’emploi ne sont-elles plus affichées dans les agences ?

Nous pensons que ce n’est pas un hasard si Pôle emploi a choisit de ne plus diffuser sur listing papier, dans les halls des agences Pôle emploi, les offres d’emploi. Ce type d’affichage avait le mérite d’être accessible à tous, et permettait de quantifier rapidement et visiblement le volume d’embauches. Sur Lorient, ceci correspond à 400 offres d’emploi disponibles, ce serait tellement simple de les afficher dans les agences ! Pôle emploi préfère miser sur le "tout numérique", qui pénalise ceux qui ont du mal avec l’informatique, et qui permet de mettre en place le flicage numérique (voir plus bas dans l’article).

Pour les salariés privés d’emploi, sans une parfaite maîtrise de l’informatique, il devient de plus en plus difficile de candidater : Abonnement aux offres, télécandidatures, profil à mettre à jour régulièrement sur internet, tout ça prend un temps fou, même si le résultat est très médiocre... Ainsi il est toujours aussi dur d’obtenir une réponse à une candidature, et une explication sur le succès ou l’échec d’une candidature...

Nous recommandons aux personnes qui postulent d’apporter eux-mêmes leur candidature aux agences Pôle emploi, en récupérant une décharge à l’accueil : Une décharge est un papier qu’il faut exiger de Pôle emploi, qui indique que vous avez candidaté sur l’offre d’emploi, tel jour dans telle agence. Si ils refusent de vous donner une décharge, demandez à voir le directeur d’agence, et rappelez-lui que lui ne se prive pas pour envoyer des lettres recommandées avec accusé de réception aux chômeurs pour leur mettre la pression. Cette petite démarche obligera Pôle emploi à avoir une attention particulière à votre candidature, et de vous apporter une réponse à votre candidature...

A la CGT chômeurs, nous continuons de réclamer le retour de l’affichage des offres d’emploi papier dans les agences. Pour une question de clarté et de diffusion simplifiée des offres d’emploi pour tout le monde, et pas seulement ceux qui sont à l’aise avec l’informatique.

2) Quand pôle emploi diffuse des offres discriminatoires et illégales

2-1 Quand pôle emploi participe à la discrimination

Pôle emploi se fait régulièrement épingler pour ses offres discriminatoires. Nous avons encore vu, en nous rendant il y a un deux semaines dans l’agence de Ploërmel, une grande affiche Mc Donald avec la mention "contrat étudiant"... Le sentiment de l’explosion des discriminations se développe dans la population, ainsi, près de quatre demandeurs d’emploi sur dix (37%) affirment avoir déjà été personnellement victimes d’une discrimination à l’embauche, selon une enquête Ifop. Car les employeurs privilégient des salariés qui respectent leurs critères à eux : Age entre 30 et 45 ans, homme, blanc, catholique, non-syndiqué, sans souci de santé ou de handicap, et qui est prêt à faire des heures supplémentaires pas payées, plutôt sous-qualifié, car il ne demandera pas d’augmentation et se donnera à fond dans son boulot.

A nous de faire reculer les discrimination, qui gangrènent notre société : Contactez dès que vous en êtes victime le défenseur des droits, avec l’aide de votre syndicat, bien sûr !

2-2 Le scandale des offres d’emploi illégales

Un sport est courant les patrons qui souhaitent embaucher : Exiger un tas de compétences et qualifications au salarié, tout en le payant au SMIC, parfois moins avec les temps partiels, les contrats aidés ou les contrats de professionnalisation pour les moins de 25 ans. Et comme ils en veulent toujours plus, beaucoup de patrons souhaitent aussi supprimer les droits associés au CDI : Obligation de justifier un licenciement, droit à être représenté dans l’entreprise, droit aux congés, paiement des heures supplémentaires, droit au crédit, droit d’avoir tout simplement un avenir...

Pour aider les patrons, Pôle emploi participe aussi au travail de destruction des droits associés au CDI, en diffusant des offres d’emploi illégales :

Les chômeurs rebelles se battent depuis plus de quatre ans contre ces attaques contre les salariés et les garanties liées au contrat de travail. Nous avons diffusé sur le blog l’information, en février 2008 :entre 15 et 20% des offres d’emploi à Pôle emploi sont carrement... Illégales !

Qu’est-ce qu’une offre d’emploi illégale ?

Voici quelques exemple de mentions "fausses ou susceptibles d’induire en erreur", qui rendent l’offre d’emploi illégale :

CDD débouchant sur CDI CDD renouvelable CDD periode d’essai Mi-temps évolutif 20 heures débouchant sur 30 heures

Pôle emploi, dans ses notes internes, reconnaît que ces offres sont illégales, et qu’il est légalement responsable de la vérification des offres (voir la note ci-après), mais préfère fermer les yeux sur ces pratiques. Ce serait trop bête de respecter le code du travail, c’est tellement plus rigolo de fliquer les chômeurs !

Deux articles du code du travail indiquent que ces mentions sont illégales :

L 5331-3 du code du travail Il est interdit de faire publier dans un journal, revue ou écrit périodique ou de diffuser par tout autre moyen de communication accessible au public une insertion d’offres d’emploi ou d’offres de travaux à domicile comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur et portant en particulier sur un ou plusieurs éléments suivants :

1° L’existence, le caractère effectivement disponible, l’origine, la nature et la description de l’emploi ou du travail à domicile offert ;

2° La rémunération et les avantages annexes proposés ;

3° Le lieu du travail.

L 1242-1du code du travail Un contrat de travail à durée déterminée, quel que soit son motif, ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise.

En quoi les offres d’emploi illégales engendrent-elles un préjudice pour les candidat au recrutement ?

Parce que le salarié privé d’emploi qui candidate, et à qui on a fait miroiter un CDI, espère bien entendu que son CDD débouchera sur un CDI. Un salarié qui prend un temps partiel et à qui on fait miroiter plus d’heures espère aussi que ça arrivera.

Parfois, c’est vrai, le contrat évolue. Mais... Il n’y a AUCUNE GARANTIE que le contrat va évoluer. Statistiquement, seulement 30% de CDD débouchent sur un CDI. Donc 70 % des CDD débouchent sur...Le retour à la case Pôle emploi.

Le salarié en CDD qui est victime d’un abus de son patron n’a aucun recours en cas de licenciement abusif, car il n’y a tout simplement pas licenciement, mais juste "non-reconduction du contrat". Les droits associés au CDI n’ont donc rien à voir avec les droits associés au CDD.

Les CDD "periode d’essai" sont aussi une arnaque, car dans le CDI, il y a déjà une période d’essai : 2 mois, voire 4 mois (si la convention collective le permet) pour évaluer un ouvrier. 3 mois, voire 6 mois (si la convention collective le permet) pour évaluer un technicien ou un agent de maîtrise 4 mois, voire 8 mois (si la convention collective le permet) pour évaluer un cadre Si le patron ne sait pas évaluer le travail réalisé par ses salariés en 2,3 ou 4 mois, il faut que ce patron change de boulot ! (source : code du travail)

En fait, les patrons qui font miroiter des évolutions de contrats veulent que les travailleurs se tiennent tranquille. Ils veulent que les salariés ne bénéficient pas de leurs droits fondamentaux au travail. Comme : La sécurité au travail, le paiement de toutes les heures travaillées, la possibilité de demander une augmentation de salaire. La précarité a aussi l’avantage pour le patron de pouvoir facilement monter les salariés les uns contre les autres. Pendant ce temps-là les salariés ne pensent pas à s’organiser pour défendre les droits de tous les travailleurs...

Il s’agit bien ici d’une attaque en règle contre les droits fondamentaux des travailleurs. Dans les centrales nucléaires, des intérimaires mettent leur santé en jeu (et donc la nôtre) tous les jours. Dans l’industrie en général, des personnes de 50 ans sont "jetées", par non-reconduction de contrat, quand elles ne sont plus assez productives. En ce qui concerne l’emploi des femmes, beaucoup prennent des contrats à temps partiel, le patron leur disant "ton contrat est évolutif". Certaines attendent depuis des années que leur contrat "évolue"...

Pour conclure, les patrons sont donc bien dans un abus de pouvoir en faisant miroiter une "évolution de contrat" qui n’arrive que rarement. Mais il existe un recours contre les offres d’emploi illégales :

Le recours aux prud’hommes permet de rétablir la justice

Les textes de références sont ceux cités plus haut :

L 5331-3 du code du travail Il est interdit de faire publier dans un journal, revue ou écrit périodique ou de diffuser par tout autre moyen de communication accessible au public une insertion d’offres d’emploi ou d’offres de travaux à domicile comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur et portant en particulier sur un ou plusieurs éléments suivants :

1° L’existence, le caractère effectivement disponible, l’origine, la nature et la description de l’emploi ou du travail à domicile offert ;

2° La rémunération et les avantages annexes proposés ;

3° Le lieu du travail.

L 1242-1du code du travail Un contrat de travail à durée déterminée, quel que soit son motif, ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise.

SI LE CONTRAT DE TRAVAIL PROPOSÉ PAR L’EMPLOYEUR NE CORRESPOND PAS A L’OFFRE D’EMPLOI DIFFUSÉE, IL S’AGIT BIEN D’UNE VIOLATION DE LA LOI.

Et donc un recours au prud’hommes pour réparation du préjudice est tout à fait possible.

Concrètement, une offre "CDD débouchant sur CDI" peut être requalifiée par la justice en CDI. Et une offre "20 débouchant sur 30 heures" peut être requalifiée en 30 heures. Ce qui veut dire, si le tribunal donne raison au demandeur : Le paiement sur la base d’un CDI temps plein, rétroactif sur 3 ans, plus 6 mois de salaires pour rupture abusive...

Nous invitons tous les copains concernés à prendre contact avec nous. Nous les soutiendrons dans leur démarches juridiques. Attention, gardez bien un exemplaire de l’offre d’emploi illégale, c’est le sésame pour la requalification du contrat !

Pour les plus remontés d’entre nous, il est aussi possible d’informer votre Pôle emploi local qu’ils diffusent des offres d’emploi illégales, et donc qu’ils jouent avec le feu... Car Pôle emploi aussi peut être condamné pour diffusion d’offre d’emploi illégale... Comme il a déjà été condamné à plusieurs reprises, pour utilisation abusive de CDD, et discrimination.

3) Quand Pôle emploi met, à disposition des patrons, de la main d’oeuvre gratuite

3-1 EMT (évaluation en milieu de travail) et EMTPR (évaluation en milieu de travail préalable au recrutement) 3-2 POE (préparation opérationnelle à l’emploi) et AFPR (action de formation préalable au recrutement) 3-3 Les contrats aidés (CUI, CAE, CIE, emplois d’avenir) 3-4 Les contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation

Les possibilités pour les patrons de bénéficier de la main d’oeuvre gratuite mise à disposition par Pôle emploi sont multiples et variées... Mais réglementées. Le jeu pour les patrons est de "franchir la ligne jaune" en permanence, mais attention, quand ils se font prendre la main dans le sac, ça peut leur coûter cher :

3-1 Les stages EMT (évaluation en milieu de travail) ou EMTPR (évaluation en milieu de travail préalable au recrutement) Ces stages sont utiles aux salariés privés d’emploi qui veulent découvrir les conditions d’exercice d’un métier (réflexion sur le projet professionnel) ou bien encore découvrir des conditions différentes d’exercer leur métier (nouveau logiciel, nouvelle technique). Attention aux abus toutefois, ces mises à dispositions gratuites de salariés dans les entreprises sont soumises à des règles précises : Elles se font à la demande des salariés uniquement pour les EMT et ne durent que 80 heures maximum. Si un employeur exige que vous fassiez un stage découverte avant embauche (EMTPR), ceci doit être justifié par le fait que vous n’êtes pas "opérationnel de suite". Donc un maçon qui postule sur un poste de maçon ne doit pas faire d’EMTPR...

3-2 Les POE (préparation opérationnelle à l’emploi) et AFPR (action de formation préalable au recrutement), des petites sucreries pour les patrons… Sans contrepartie

Ces deux dispositifs mis en œuvre par Pôle emploi, l’Action de Formation Préalable à l’Embauche, et la Préparation Opérationnelleà l’Emploi, sont des périodes de formation avant embauche, bien souvent dans l’entreprise elle-même, jusqu’à 400 heures, financées par Pôle emploi. Ces dispositifs permettent soi-disant aux salariés privés d’emploi d’acquérir des compétences. Dans une faible proportion, certaines POE sont financées par des OPCA. L’AFPR concerne des embauches prévues en CDD de 6 à 12 mois. La POE concerne des embauches prévues en CDD de 12 mois ou plus, et les CDI. Pour les entreprises, c’est le jackpot. Les salariés sont mis à disposition pendant (maximum) 400 heures, sans aucun frais pour l’entreprise. Mieux encore : Pôle emploi verse entre 5 et 8 € de l’heure aux entreprises pour couvrir les frais de la « formation », qui bien souvent se résume à un tutorat plus que léger. Le programme de formation est rarement honoré. Les plus veinards auront droit à quelques heures de formation d’un prestataire extérieur. Aucun titre professionnel ni diplôme n’est prévu à l’issue de cette « période de formation » d’adaptation au poste de travail. Pour le salarié privé d’emploi, il reste inscrit au Pôle emploi, et continue de toucher son allocation pendant cette période.

L’AFPR et la POE sont donc bien de sérieuses aubaines pour les patrons, qui bénéficient d’une main-d’œuvre gratuite, et même subventionnée par Pôle emploi, pendant presque trois mois… Que les patrons pourront utiliser de nombreuses fois, arguant que le salarié « ne fait pas l’affaire »…Ou bien en faisant signer des CDD de 6 mois à répétition… Peu importe si l’argent qui finance ces dispositifs ne sert qu’à développer la précarité. À nouveau, aucune évaluation de la bonne utilisation de ces fonds n’est prévue, comme le nombre de CDI temps plein signés à l’issue de ces « formations »…

Attention, si le plan de formation n’est pas respecté, des recours existent pour requalifier la "formation" en contrat de travail...

3-3 Les contrats aidés (CUI, CAE, CIE, emplois d’avenir)

Après des mois, voire des années de recherche, certains salariés privés d’emploi postulent à des « contrats aidés », c’est-à-dire des contrats financés partiellement par l’Etat. Les employeurs qui utilisent ces contrats sont les administrations publiques et les associations, mais aussi des entreprises privées.

Ces contrats existent depuis 30 ans, sous différentes dénominations : TUC, SIVP, emplois jeunes, CI-RMA, CAV (Contrats d’avenir), CUI (contrat unique d’insertion), CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi), CIE (contrat initiative emploi). Il y a eu 530.000 contrats aidés signés en 2010, et 500.000 prévus en 2011. Le gouvernement vient de voter la nouveauté qui sent le réchauffé : "L’emploi d’avenir". Prière de ne pas rigoler.

Comment ça marche ? Y a-t-il des pièges ? Quelles sont les particularités des nouveaux "emplois d’avenir" du gouvernement ?

Les contrats aidés aident avant tout les hommes politiques à se faire élire

Cela fait quarante ans que ça dure : les aides diverses aux entreprises, sous forme d’exonération de cotisations sociales, d’aides directes, ou d’exonérations fiscales, ont atteint la somme de 72 milliards d’euros en 2010 : De quoi créer près de 3 millions d’emplois à 1500 euros brut par mois, sur 13 mois.

Le but de ce flot d’argent public vers le monde de l’entreprise est avant tout de « se faire des amis » parmi les patrons.Pas de souci, ce sont les contribuables qui paient !

En ce qui concerne les contrats aidés, ils permettent à des salariés privés d’emploi, la plupart du temps au chômage depuis longtemps, de retrouver une activité salariée.

Faute d’avoir un salaire décent, ça permet de reprendre confiance en soi… Le temps du contrat. Et pour les hommes politiques, ça fait toujours un électeur potentiel en plus…

Les contrats aidés favorisent aussi le développement de l’idée que « les employeurs paient trop de charges » : En fait, pour bien faire, il faudrait que les salariés travaillent gratuitement, sans droit au chômage, ni retraite, ni accès aux soins ?

l’Etat providence de Hollande, c’est la providence pour les patrons, et la précarité pour les travailleurs !

Quels sont les taux de retour à l’emploi après un contrat aidé ?

C’est difficile de le savoir, car comme d’habitude, ces informations sont gardées secrètes.

Une astuce classique est de mélanger dans une même catégorie le retour à l’emploi vers les CDD de plus de six mois et les CDI… Et aussi de mélanger les temps plein et les temps partiels subis : D’après les statistiques européennes, ce sont tous des "emplois durables" !

D’après l’article des Echos du 31 janvier 2011 à ce sujet, le taux de retour à l’emploi vers les CDI et les CDD de plus de six mois, à temps plein ou partiel, est respectivement de 26,7 % pour les contrats non-marchands (secteur public et associatif) et 54,8 % pour les contrats marchands (secteur privé). Lire aussi l’article de la DARES (ministère du travail) du 2 octobre 2012 qui confirme ces chiffres. Si on avait les vrais chiffres, c’est-à-dire le nombre de personnes qui retrouvent un CDI à temps plein à l’issue de ces contrats aidés, les chiffres seraient bien différents...

Donc, à la finale, très peu retrouvent un CDI temps plein. Question : Combien auraient retrouvé un boulot, même sans le contrat aidé ?

Certains employeurs sont de véritables chasseurs de primes. Ils n’hésitent pas à remplacer un salarié embauché en contrat aidé par un autre.

Pôle emploi, par exemple, en tant qu’employeur, n’hésite pas, à se débarrasser de ses salariés en contrat aidés, après des années de « bons et loyaux services ». Voir à ce sujet l’article de Ouest France du 2 mars 2011

Combien ça coûte aux contribuables ?

En 2011, l’Etat a provisionné 852 millions d’euros pour 390.000 contrats aidés. Mais on devrait s’acheminer vers les 500.000 contrats aidés en 2011, comme en 2010, d’après le site Localtis. Avec cet argent on pourrait embaucher directement en CDI près de 40.000 personnes à 1500 euros brut par mois sur 13 mois !

Quels sont les grands gagnants ?

Les grands gagnants sont les politiques, qui peuvent faire de la communication à peu de frais sur le thème « on aime les gens, on les remet au boulot ».

Les services publics, comme l’éducation, sont asphyxiés par la posture idéologique « un départ en retraite sur deux n’est pas remplacé ». On détruit donc des emplois indispensables au bon fonctionnement du service. Puis les directeurs d’école sont priés par l’académie d’embaucher des « employés de vie scolaire » en contrat d’avenir, ou en contrat d’accompagnement dans l’emploi.

Des personnes non formées, mal payées, prennent alors la place de personnes qualifiées, motivées, et correctement rénumérées…

Le truc est que si l’on supprime un emploi temps plein et qu’on embauche deux temps partiel, ça fait statistiquement un emploi créé. Alors que dans la réalité, ça fait trois malheureux.

Quels sont les "bénéficiaires" ?

Les conditions pour pouvoir prétendre à un contrat aidé changent tout le temps. Les hommes politiques débordent d’imagination pour ça ! Il en va de même des conditions de renouvellement de contrat aidé.

Rassurez-vous, les hommes politiques ne proposeront pas de contrat aidé à quelqu’un de leur famille : Ca paie trop peu !

Et l’emploi d’avenir dans tout ça ?

La super nouveauté a été votée fin octobre 2012 : L’emploi d’avenir. Il coûtera 3,45 milliards d’euros aux contribuables en année pleine, pour des CDD de 36 mois pour les jeunes de moins de 26 ans. A l’issue du CDD, pt’êt qu’ils seront embauchés, et pt’êt que non. L’emploi d’avenir, c’est donc la promesse pour le "bénéficiaire" de "bénéficier" de trois ans d’angoisse, et d’espoir, d’être, peut-être, titularisé... Pour consulter les conditions pour pouvoir « bénéficier » d’un contrat aidé (mises à jour en juillet 2012), voir le site de la DIRECCTE du Morbihan

Question à 1 euro : Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Si il y a des besoins d’embauche dans le secteur public, pourquoi ne pas ouvrir des postes, et embaucher directement des agents qui correspondent à ces besoins ? Pourquoi torturer les jeunes sous "emploi d’avenir" pendant trois ans, en leur faisant espérer un emploi tout ce temps ? Pour les infos officielles, voir le site du gouvernement sur les emplois d’avenir. Et lire aussi l’article de fond de Localtis sur le sujet.

Alors, faut-il accepter les contrats aidés, faute de mieux ?

Avant toute chose, il faut se poser la question : Quels sont mes droits si je prends un contrat aidé ?

La plupart des contrats aidés sont à temps partiel. Basés sur le SMIC. Donc le salaire est très bas.

De plus, il faut vérifier quels sont les droits générés par le contrat, en terme de retraite, assurance chômage, mutuelle.

A vérifier : La plupart du temps, Pôle emploi ne s’inquiète pas d’intégrer une clause « formation » dans le contrat aidé, même si c’est obligatoire. A chacun de vérifier que cette clause est respectée. Attention, cette clause doit être écrite sur le contrat signé dès le départ ! L’Etat participant largement au financement du contrat, le minimum est que Pôle emploi et l’employeur soient irréprochables, aussi bien concernant la mise en oeuvre du contrat, que des conditions de travail pendant le contrat.

Il faut vérifier, comme pour tout contrat à temps partiel, quels sont les droits perdus si l’on prend ce type de contrat : RSA, API, APH, allocations logement, CMU complémentaire…

Et il faut se poser la question : Ne vaut-il mieux pas rechercher un emploi à temps plein, qui génère des droits "temps plein" ?

Au lieu que les salariés se mettent en concurrence les uns contre les autres, ne vaudrait-il mieux pas s’organiser pour défendre ses droits, collectivement ?

Existe-t-il des recours juridiques lorsque l’employeur ne respecte pas son obligation de formation ?

Oui, de nombreux Employés de Vie Scolaire ont eu gain de cause aux prud’hommes, face à l’éducation nationale. Voir l’article de la CGTR Educ’ation à ce sujet

3-4 Les contrats d’apprentissage et les contrats de professionnalisation

Régulièrement, les gouvernements et les patrons se mettent d’accord sur ce diagnostic : Il faut augmenter le nombre d’apprentis dans les entreprises. Et pour ça, bien sûr, c’est au contribuable de payer. Les employeurs touchent des aides très importantes si ils embauches des jeunes de moins de 26 ans en contrat d’apprentissage ou de contrat de professionnalisation. Jackpot ! Sans aucune obligation d’embaucher à l’issue de l’apprentissage, bien sûr. Certains secteurs n’embauchent quasiment plus que par ce biais, comme la grande distribution et le commerce, très friands de ces contrats "low cost" : Les jeunes de moins de 26 ans sont payés entre 55% et 80% du SMIC selon leur âge et leur qualification. Souci : Si pour les patrons, ce sont des effets d’aubaine qui pénalisent les autres salariés, ça ne profite pas forcément aux stagiaires, car les contrôles sur la qualité de la formation dispensée, ou la qualité du lien social, sont quasi-inexistants. Pas étonnant dans ce contexte que 20% des stagiaires ne finissent pas leur formation, ou n’obtiennent pas de diplôme à l’issue de la formation. 33% des stagiaires sont, par ailleurs, toujours au chômage 7 mois après leur formation...

A nouveau, nous conseillons aux parents d’être très vigilants avant d’abandonner leur enfant à un tuteur en entreprise, car si le travail et la formation peuvent construire et épanouir le jeune, il peut aussi abîmer voire tuer le jeune (on a déjà eu le cas de suicides), quand le patron est un sale type...

4) "150 offres d’emploi correspondent exactement à vos critères" : Attention, gros mensonge !

Vous aussi, faîtes l’essai ! Consultez l’ensemble des offres d’emploi (tous métiers confondus) sur le site pole-emploi.fr : dans votre région dans votre département et 30 km autour de votre ville Nous, on a fait le test en Bretagne, dans le Morbihan, et 30 km autour de Lorient. Et voilà le résultat : Dans ces trois exemples, le système vous indiquera "150 offres correspondent exactement à vos critères"

Conclusion, si on respecte la logique : Il y aurait 150 offres d’emploi en Bretagne, elles sont toutes dans le Morbihan, et plus précisément 30 km autour de Lorient. ??????????????????

Bien sûr, il y a un loup : Le système informatique pole-emploi.fr est "bridé" à 150 offres, c’est-à-dire qu’il ne peut en afficher plus. Le problème, c’est qu’il ne nous le dit pas. Pole-emploi.fr nous ment donc, en disant que "150 offres répondent exactement à vos critères", car il omet volontairement de nous dire qu’il ne peut pas en afficher plus de 150.

Il peut y avoir 50.000, 5.000, ou 500 offres qui correspondent à votre recherche, le système ne vous en affichera que 150. Pourquoi diable le système nous ment comme ça ? Quel est l’intérêt de cacher que le système est bridé à 150 offres, et qu’il faut réduire les critères de recherche de façon à ce que le système nous affiche moins de 150 offres pour que le résultat soit conforme à la réalité ? Mystère, en tout cas ceci est de mauvaise augure, car si pole-emploi.fr nous cache la vérité, c’est qu’il a quelque chose à cacher......

Notre tuyau : Par exemple, en consultant les offres tous les jours et en activant la recherche par date "je recherche des offres émises depuis hier", on peut arriver à obtenir plus facilement un chiffre inférieur à 150, conforme à la réalité... Ce qui impose quand même de consulter les offres tous les jours. Une autre astuce consiste à diminuer la zone géographique de recherche...Ou de faire une recherche par domaine professionnel.

5) Quand pôle emploi choisit d’abandonner "l’intermédiation" et privatise son activité "offres d’emploi"

Pourquoi y-a-t-il toujours moins d’offres au Pôle emploi ?

Voici la photo d’une affiche "collector" de l’ANPE de 2008 :

Et voici ce qu’on peut lire le 5 novembre 2013 sur le site internet :

Comment en est-on arrivés là ?

Pôle emploi a choisit de ne plus avoir de lien privilégié avec les entreprises, entre autres en affectant un secteur d’activité professionnelle d’un bassin à une équipe dans une agence. Concrètement, quand un employeur de la restauration cherchait un serveur ou un cuisinier, il avait toujours affaire à la même équipe, qui était elle-même en contact avec les salariés privés d’emploi de la restauration. Trop simple. Trop humain. Trop pratique.

Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage. La nouvelle direction de Pôle emploi a tout cassé de l’organisation qui existait du temps de l’Anpe. Maintenant les patrons peuvent déposer leurs offres par internet, les gérer eux-mêmes, presque sans contact avec Pôle emploi. Tant mieux pour les patrons qui sont autonomes, tant pis pour ceux qui pourraient bénéficier de la connaissance du secteur professionnel des agents qualifiés Pôle emploi.

Et tant pis pour les salariés privés d’emploi, qui pourraient bénéficier d’un regard bienveillant des conseillers sur leurs compétences "transférables", et qui pourraient être "mis en relation" par les agents qui connaissent le secteur d’activité, et qui pourraient jouer un rôle "d’intermédiation".

Globalement, les patrons et les salariés privés d’emploi sont de moins en moins content des services de Pôle emploi, qui propose de plus en plus un service anonyme, informatisé, deshumanisé... Et vont voir ailleurs... Enfin, Pôle emploi ne démarche presque plus les employeurs pour récupérer des offres d’emploi, et préfère miser sur le flicage des chômeurs... Comme si ça allait leur ramener des offres d’emploi !

Enfin, attention au flicage numérique, qui fait partie de la "gestion de la liste" des demandeurs d’emploi qui postulent ou pas sur les offres. Nous déconseillons en revanche d’indiquer à Pôle emploi que vous avez une adresse mail ou un numéro de téléphone portable, Pôle emploi peut s’en servir pour vous fliquer, toute proposition de Pôle emploi par email ou par SMS étant tracée, et pouvant être utilisée contre vous.

Concernant le traitement des offres d’emploi, on peut globalement parler d’un immense gâchis : Les ministres chargés du dossier ont choisit de mettre le paquet sur le flicage des chômeurs, et non pas sur la qualité du service rendu aux usagers, patrons comme salariés privés d’emploi.

Dernière trouvaille des crânes d’oeuf de l’ENA : Refiler aux boîtes privées le soin de recueillir, à la place de Pôle emploi, les offres d’emploi. Ces offres seront ensuite diffusées après un contrôle allégé sur le site de pole-emploi.fr Après le succès brillant des boîtes privées dans le recrutement (pratiques illégales récurrentes des entreprises de travail temporaire), des boîtes de reclassement (moins bons résultats que Pôle emploi, flicage intensif, et grosse facture pour le contribuable), cette idée est brillante. Bonjour la transparence ! Déjà que Pôle emploi est régulièrement épinglée pour diffuser des offres discriminatoires et illégales (15% des offres diffusées), qu’est-ce que ça va être avec les offres d’organismes privés qui ne sont là que pour satisfaire leur clientèle ! 6) L’offre raisonnable d’emploi : Sur pole-emploi.fr, souriez, vous êtes fliqués !

Dans le cadre de sa nouvelle politique de flicage des chômeurs, "Pôle emploi 2015", l’institution a officiellement enterré le "suivi mensuel personnalisé" qu’elle a imposé à tous les chômeurs pendant 6 ans. On ne regrettera bien évidemment pas la fin de ce flicage mensuel, systématique, qui n’apportait rien aux chômeurs, car obligatoire, infantilisant, et donc inutile.

Mais "Pôle emploi 2015", s’il est moins intensif, n’en est pas moins vicelard. "Pôle emploi 2015", met en place deux types de flicage :

Le fllicage intensif - identique au suivi mensuel personnalisé - pour les personnes "peu autonomes" dans leur recherche d’emploi. Lire à sujet nos conseils de base quand on est inscrit au Pôle emploi. Et le flicage "numérique" : Un premier rendez-vous lors de l’inscription, puis un deuxième au 4ème mois d’inscription, puis 9ème mois de chômage. A première vue, ça laisse déjà plus de marge pour respirer...

C’est là qu’intervient le suivi NUMERIQUE, et son arme de flicage massif, pole-emploi.fr.

Le site internet bien connu ne va plus seulement être utile aux chômeurs pour CONSULTER et POSTULER sur les offres à distance, mais surtout pour FLIQUER les chômeurs.

Explications : Les chômeurs seront, avec l’abandon du suivi mensuel, moins souvent convoqués. Mais, d’après l’institution, il est bon de garder un oeil sur eux, et sur leur recherche d’emploi, car bien entendu d’après l’institution les chômeurs sont majoritairement des feignants qui ont tendance à toucher leurs allocations sans réellement chercher du boulot. A distance donc, un conseiller dans une plate-forme de traitement sera chargé de vérifier si vous avez bien créé votre profil (CV), si votre profil est à jour, si vous vous êtes abonné aux offres, si votre recherche est bien adaptée au marché du travail (gare à ceux qui rechercheraient un emploi décent à salaire décent). Les employeurs qui ont déposé une offre en ligne vont pouvoir consulter votre CV et vous envoyer des propositions. A nouveau, gare à vous si vous avez le toupet de décliner l’offre, par exemple si vous savez que l’employeur est un des pires du secteur, ou si les horaires ne vous conviennent pas.

Les employeurs, eux, n’auront plus d’interlocuteur privilégié lors de l’aide au recrutement. Ce sera l’équipe de l’agence qui s’occupera de lui. On sait bien que quand c’est "tout le monde" qui s’occupe de quelquechose, c’est "personne"... Bon courage aux employeurs qui auront une personne différente à chaque fois qu’ils appelleront Pôle emploi pour le suivi de l’offre...

Concernant les "télécandidatures", le traitement de l’offre est simplifié pour le conseiller : Il compare une grille de compétences avec celles que vous avez rentré, avant éventuellement de vous mettre en relation avec l’employeur. Tant pis pour ceux qui ont des compétences "transférables" (identiques), mais qui ne rentreraient pas dans les cases.

L’objectif du développement de "l’offre de services à distance" de Pôle emploi est donc bien d’automatiser les recrutements et de fliquer les utilisateurs. Tout en éloignant le plus possible les chômeurs des agences Pôle emploi, pour en recevoir le moins possible, et pour faire des économies de moyens sur leur dos. Conséquences pour le processus de recrutement : Il ne va pas y gagner en transparence, qualité ou en humanité... D’après la direction de Pôle emploi, ce serait vraiment dommage qu’un conseiller Pôle emploi, en chair et en os, traite de façon humaine et professionnelle le recrutement, en relation privilégiée avec l’employeur et les candidats. Par exemple en expliquant les règles et le processus de recrutement aux employeurs, en répondant à chaque candidat qui postule, et en jouant un vrai rôle de valorisation de profils "qui ne rentrent pas dans les cases". L’objectif principal à nouveau n’est pas de rendre un service de qualité, sans discrimination, avec des offres d’emploi légales, mais bien de fliquer les chômeurs, toujours et encore.

7) Intérim, presse, sites internet, méta-moteurs de recherche, cabinets de recrutement : Est-ce mieux ailleurs ?

Comme nous l’avons indiqué plus haut, l’ANPE puis Pôle emploi n’ont jamais eu le monopole de diffusion des offres d’emploi. Les employeurs utilisent donc de plus en plus d’autres moyens de diffusion, comme leurs propres sites internet, qui présentent leurs services, produits, et... Postes à pourvoir. Comme il ne faut rien négliger pour retrouver du boulot, ça veut dire qu’on va passer des heures sur tous ces sites pour postuler, "se vendre" comme de la viande au supermarché... Internet, qui devait nous simplifier la vie, nous la rend plus compliquée par la multiplication des sites de diffusions d’offres.

Nous demandons donc que toutes les offres soient centralisées, contrôlées, et diffusées sur un seul site de service public, afin de simplifier la vie de tous. Ce qui aurait le mérite de rendre effective la transparence du marché du travail...

En attendant, contrôlez vous-même la légalité des offres d’emploi car quel que soit le site de diffusion, personne n’a le droit de diffuser une offre d’emploi illégale, et vous avez des droits concernant les offres d’emploi !

8) Comment trouver quand même des offres intéressantes sans se faire fliquer dans cette jungle des offres bidons, pourries, ou illégales ?

Les employeurs utilisent de plus en plus de moyens de diffusion de leurs offres, allant même jusqu’à recruter sur "le bon coin", comme si ils recherchaient une voiture. Sur de nombreux sites, il faut s’identifier, rentrer des informations personnelles. N’oubliez pas que vous avez le droit d’accès à toutes les informations que vous mettez sur Internet (loi informatique et liberté). Par mesure de précaution, ne donnez ni votre email ni votre numéro de portable personnel, qui pourront être utilisées par des sociétés de marketing, et surtout pas au Pôle emploi qui pourrait s’en servir contre vous. Enfin, nous le répétons : Contrôlez vous-même la légalité des offres d’emploi car quel que soit le site de diffusion, personne n’a le droit de diffuser une offre d’emploi illégale, vous avez des droits concernant les offres d’emploi !

Bien entendu, syndiquez-vous, car ensemble on est plus forts pour lutter et gagner des droits !

Publié dans Chômage

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pierre 13/10/2014 13:34

Merci pour votre article très intéressant. J'ai remarqué que contrairement à ce que dit pôle emploi, les annonces ne sont pas vérifiées. Par exemple, j'ai vu des demandeurs d'emploi victimes d' annonces avec des numéros surtaxés. Pôle emploi veut de plus en plus forcer les demandeurs d'emploi à créer leur cv profil sur internet, mais pour cela, il faut bien communiquer un mail car se créer un profil sans mail est impossible. Et puis se créer un cv sans être contactable n'a aucun intérêt si on veut trouver un emploi. Par conséquent, n'importe quel escroc pourra accéder à mail, tél, adresse, et cv de demandeurs d'emploi donc je ne veux pas créer pas mon profil cv mais pôle emploi me met une pression permanente pour que je le crée (en plus je suis sénior de 55 ans donc j'ai peu de chance de retrouver un emploi).