Monsieur le sénateur Mélenchon, de Spartacus à Quimper les "esclaves" se révoltent toujours !

Publié le par CAPM

Monsieur le sénateur Mélenchon, de Spartacus à Quimper les "esclaves" se révoltent toujours !

Le 1er novembre, Jean-Luc Mélenchon, ancien sénateur, ancien candidat aux élections présidentielles de 2012, vice-président du Parti de Gauche, insulte, une nouvelle fois, les travailleuses et les travailleurs licenciéEs de Bretagne et les organisations de gauche qui manifestent à Quimper ce samedi 2 novembre.

"Les esclaves manifestent pour les droits de leur maîtres" dit-il. Rien que ça !

Mélenchon n'a, visiblement, que l'insulte et le mépris (de classe ?) en guise de débat. Jusqu'à présent, il les réservait, en tant que grand démocrate, plus particulièrement à la presse.

Et bien maintenant, il y en a aussi pour les ouvrierEs licenciéEs en Bretagne qui, selon lui, se trompent en allant manifester à Quimper.

Il oublie rapidement que le Front de Gauche Finistère appelait à manifester à Quimper le 30 octobre...et que le PCF a changé d'avis le 31 octobre, puis le Front de Gauche seulement le 1er novembre en appelant à manifester à Carhaix !

Appel justifié un jour, trahison le lendemain !

Mais au-delà des invectives, dont il est coutumier, envers tout ce qui ne lui ressemble pas ou ne se soumet pas, il est intéressant de se poser certaines questions.

Pourquoi un tel revirement ?

La réponse ne serait-elle pas à aller chercher dans l'intervention de Jean-Jacques Urvoas, député de Quimper, président de la commission des lois à l'assemblée nationale, le 31 octobre sur France-Inter où il appelle les Bretons à ne pas aller manifester à Quimper mais à Carhaix car "les licenciés ne manifestent pas avec les licencieurs" (sic). EELV, parti de gouvernement, appelle aussi à manifester à Carhaix et fait même venir un futur licencié, son secrétaire général Pascal Durand.

Le matin du 31 octobre, le PS fait un rappel à l'ordre, et le soir même le Front de Gauche s’exécute et change d'avis (le communiqué du Front de Gauche appelant à manifester à Quimper a, bien sûr, disparu du site du Chiffon Rouge du PCF de Morlaix).

Les élections municipales ne sont pas loin et l'on voit bien où mène la collusion avec le PS et EELV. On insulte les travailleurEs licenciéEs, on éructe contre Hollande dont on rêve de devenir le 1er ministre, mais on se couche quand il y a le moindre rappel à l'ordre !

La voix...de qui ? la voix de son maître ?

La division ne paye jamais. Entre 700 et 2500 (visiblement autour de 1500) à Carhaix et entre 10 000 et 30 000 (visiblement entre 15 000 et 20 000) à Quimper avec une très grande participation d'ouvriers et de paysans (voir nos compte-rendus) !

Ensemble, tous unis, à Quimper nous aurions pu proposer une force de gauche beaucoup plus importante face aux maigres forces du Medef, de la droite et de l'extrême-droite dans cette manifestation, et face à la politique gouvernementale.

Nous étions déjà près de 500, à sauver l'honneur, derrière les banderoles du NPA, des Alternatifs, d'Attac, de Breizhistance...et du CAPM, avec des syndicalistes de Sud, de la CGT, de FO aux cotés des ouvriers de Gad, de Tilly-Sabco, de Marine Harvest, de Doux, de PSA, d'Alcatel, des marins pêcheurs de la CGT... à crier "les patrons licencient, licencions les patrons" et à appeler à la nationalisation des entreprises qui licencient ! Voilà comment nous avons servi "d'esclaves" au Medef et au gouvernement !

Et la démocratie dans tout ça ?

Mélenchon a le droit de penser que c'est une erreur d'aller à Quimper, le Front de Gauche du Finistère aussi, tout le monde a le droit de "changer" d'avis...

Il n'a pas le droit de nous insulter !

Le candidat du PCF, candidat malheureux aux élections législatives de 2012, m'expliquait alors que je lui demandais la raison pour laquelle ils recouvraient systématiquement les affiches que je collais, à l'époque pour la candidature de Philippe Poutou, me répondit que Mélenchon allait faire au moins 20 % aux élections présidentielles et que donc "tous les moyens étaient bons".

Oui, visiblement, tous les moyens sont bons.

Est-il possible, avec le Front de Gauche, ou le PCF à Morlaix, de discuter et d'agir, ensemble quand cela est nécessaire, sans que cela tourne à l'insulte ou au dénigrement systématique..

Ce ne sont pas des modes de fonctionnement acceptables dans le débat démocratique nécessaire, au-delà de nos divergences, qui sont les unes comme les autres respectables, pour nous préparer aux luttes d'aujourd'hui et de demain, dans l'unité la plus large, pour la défense de l'emploi, contre la montée de l'extrême-droite et pour la construction d'une véritable opposition de gauche à ce gouvernement social-libéral (PS, EELV et PRG) qui, lui, est explicitement au service du Medef.

Pas les ouvrierEs licenciéEs en Bretagne !

Et si vous n'en étiez pas sûrs, il fallait venir à Quimper et demander, comme je l'ai fait, aux ouvrierEs licenciéEs ce qu'ils pensaient de leurs patrons. Et la réponse était claire et sans aucune ambiguïté !

Dans son documentaire sur la grève des mineurs en Angleterre (1984) Ken Loach posait la question suivante : "de quel côté êtes-vous ?". Nous étions au moins 500, malgré les difficultés, à avoir choisi notre camp !

Celui des travailleurEs.

Ne vous trompez pas d'ennemis !

Laurent pour le Comité Anticapitaliste du Pays de Morlaix

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