Entre 10 et 15000 personnes à Carhaix, voire 20 000...

Publié le par CAPM

Entre 10 à 15000 personnes au rassemblement des bonnets rouges de Carhaix, 17 000 selon la Préfecture et ...entre 35 000 et 40 000 selon les organisateurs (Troadec). Etonnant, non ? Maj du 2/12/2013 : le débat fait "rage" sur le nombre de manifestants et même parmis nous...alors pour faire plaisir disons 20 000 (ce n'est pas l'essentiel !).

Bon, peu importent les chiffres, ce qui est sûr c'est que le "pôle ouvrier" rassemblait entre 300 et 500 personnes à la gare de Carhaix avant de partir en manifestation... et si un tiers était composé des boites en luttes les 2 autres tiers étaient principalement composés des militants traditionnels des organisations et syndicats de la gauche radicale.

 

Il y eu 2 moments forts lors de ce rassemblement :

- les chansons de Gilles Servat (les Prolétaires, la Blanche Hermine...) et ses prises de position clairement contre l’extrême-droite et le Medef 

- la prise de parole de Corinne Nicole, déléguée CGT de Tilly-Sabco qui a lu un texte offensif de l'intersyndicale des boites de l'agroalimentaire en lutte, même si c'était bien en-deçà de celui de Quimper du 2 novembre qui exigeait l'interdiction des licenciements et la nationalisation des entreprises qui licencient. Mais il n'y avait pas (plus) la même participation ouvrière et des boites en lutte dans ce rassemblement.

Du populaire au populisme :

Romain Pasquier, politologue, notait lors d'un interview au Télégramme que loin "de la mythologie parisienne de grands patrons faisant défiler leurs salariés" la manifestation de Quimper était avant tout populaire, mais que sa faiblesse était son manque de structuration et la question était de savoir qui allait structurer cette révolte.

Les anticapitalistes (NPA, Alternatifs, Breizhistance, CAPM...) ont constitué, à Quimper, un pôle de gauche pour essayer de dire que d'autres réponses étaient possibles face aux tentatives de récupération de la droite, du Medef et de la Fdsea. C'est pour cela que nous avions trouver grave l'abandon de la révolte des ouvriers, des petits paysans, des sans grades par les partis de la gauche (FdG, EELV) et des syndicats (CGT, Sud..) qui ont appelé à des contre-manifestations le jour même à Carhaix, puis le 23 novembre à Morlaix, Lorient, Rennes et Saint Brieux arrivant à peine à mobiliser leur appareil syndical malgré le renfort de la CFDT, des Verts, du MJS et du Front de Gauche. La stratégie de la division a été un échec retentissant.

Les anticapitalistes ont essayé d'être partout là où les luttes, les manifestations avaient lieu.

Tilly-Sabco a repris le travail après que l'Europe est venue renflouer les caisses de l'entreprise et que le patron s'est engagé à ne pas licencier...jusqu'à quand ? Cependant aujourd'hui,  les ouvrierEs de l'usine conservent leur emplois et leur outil de travail, ce qui est bien sûr vital.

Les Doux se sont faits racheter par le Quatar et ont préservé 300 emplois,

Les Gad, eux, ont négocié leurs primes de licenciement à la hausse et espèrent une reprise de l'entreprise uniquement en abattoir par une stratégie plus ou moins désespérée initiée par leur responsable syndical Olivier Le Bras (FO) qui fait en permanence l'éloge de l'Entreprise, du patronat (breton) et de la Bretagne aux Bretons (ça vous rappelle rien ?).

 

Ce 30 novembre, les ouvrierEs n'étaient pas au rendez-vous du Pôle ouvrier pour lequel s'étaient battus, à juste titre, les camarades anticapitalistes participant au Comité pour l'Emploi en Bretagne.

Une tonalité ouvertement "régionaliste" et poujadiste :

Un petit Pôle ouvrier, dans une "masse" poujadiste" les mots les plus repris étaient "à bas les impôts, les taxes" C'est les charges (entendez les charges sociales) qui nous tuent, etc...dans un rassemblement très nationaliste (presence importante du Parti Breton), discours sur la Bretagne aux Bretons, les Bretons contre Paris, contre la France...

Si, à Quimper le rassemblement était populaire et ouvrait des perspectives en terme de fédérations de luttes, à Carhaix le peuple ouvrier a globalement deserté et seuls les poujadistes et les nationalistes les plus irréductibles étaient présents. Si nous étions vraiment à l'aise à Quimper, à Carhaix, l'atmosphère est devenue lourde, nauséabonde par moments ! A Quimper, l'espace politique était occupé par les ouvriers et un peuple breton riche de sa culture et de son histoire (même si une poignée de "néonazillons" en ont profité pour se montrer) , à Carhaix en revanche, la désertion des uns a mis en avant nombre de poujadistes flirtant pour certains sereinement  avec l'extrême droite.

La révolte bretonne ne fait que commencer, le capitalisme international, français, breton est loin d'en avoir fini avec les restructurations. Il nous faudra continuer à être avec les ouvrierEs en luttes aujourd'hui et demain pour proposer des solutions alternatives aux solutions simplistes de la droite, de l'extrême-droite ou du social-libéralisme.

Nous resterons vigilants à dénoncer les dérives nationalistes, aussi bien des lobbies bretons que du Medef local ou de la Fdsea tout comme celles émanant des partis de gouvernement (PS/EELV) qui servent si bien le Medef  ...

 

La seule réponse pour nous, c'est l'unité des travailleurEs, c'est l'internationalisme, c'est l'anticapitalisme !

 

CAPM le 1er décembre 2013

 

 

40 000 personnes ????

40 000 personnes ????

Publié dans Luttes, Bretagne

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