Calais : Squat Victor Hugo, un jugement anti-pauvre

Publié le par vibrations migratoires sur Squat.net

Calais : Squat Victor Hugo, un jugement anti-pauvre

Un rassemblement d’une cinquantaine de personnes devant le tribunal d’instance de Calais pour le rendu du jugement sur l’expulsion du squat Victor Hugo, qui héberge une vingtaine de femmes et d’enfants exilés. Un jugement qui n’a pas été rendu en audience publique, dont il a simplement été possible d’obtenir lecture des conclusions, et dont il n’a pas encore été possible de prendre connaissance dans son intégralité.

Dans ce genre d’affaire, les juges doivent trouver un équilibre entre la situation concrète des occupants et les droits du propriétaire.

D’un côté, une personne propriétaire de trois appartements et de cette maison du boulevard Victor Hugo, laissée à l’abandon depuis plus d’un an. Il n’y a donc pas d’urgence à libérer les lieux.

De l’autre, des femmes, dont certaines enceintes, et des enfants, qui n’ont pas d’autre possibilité d’hébergement. Le jugement doit donc prendre en compte la vulnérabilité de ces personnes et la nécessité d’un relogement.

Tel n’a pas été le choix du tribunal, qui a assorti la décision d’expulsion d’une astreinte de 50 € par jour et par personne. À ce prix-là, un millier d’euros par jour en fonction d’une nombre de personnes habitant la maison, il est probable que les occupantes s’expulseront elles-mêmes et choisiront la rue, c’est tout-au-moins le résultat escompté.

Cette décision participe d’un mouvement de pénalisation de la pauvreté qu’on trouve ailleurs. À Barcelone, le fait de dormir dans la rue est passible d’une amende, et des SDF en accumulent ainsi pour plusieurs milliers d’euros. À Calais, des femmes sans-logis sont menacées de pénalités financières si elles persistent à l’abriter dans un bâtiment vide.

La population calaisienne est largement frappée par la crise, le chômage et le mal-logement, et en ces temps de spéculation immobilière ce type de jugement peut toucher les plus précaires.

Calais : Squat Victor Hugo, un jugement anti-pauvre

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