Morlaix : 3 000 personnes dans la rue

Publié le par Le Télégramme

Morlaix : 3 000 personnes dans la rue

À l'appel d'une intersyndicale très large, environ 3.000 personnes ont manifesté, hier après-midi, au centre-ville, pour exiger qu'un volet social soit intégré au pacte d'avenir pour la Bretagne. « La mobilisation est une réussite », ont assuré les organisateurs à l'issue d'un défilé qui s'est déroulé dans le calme.

2.500 personnes selon les forces de l'ordre. 4.000 à 5.000 selon l'intersyndicale CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC, Solidaires, FSU et Unsa. Comme d'habitude, police et organisateurs n'étaient pas sur la même longueur d'ondes, hier, à l'issue de la mobilisation dans les rues de Morlaix, où l'on peut estimer qu'environ 3.000 participants ont défilé en milieu d'après-midi. Un chiffre sensiblement équivalent à celui de la manifestation, montée le 2 novembre à Carhaix, en parallèle au rassemblement des Bonnets rouges à Quimper.

« Ils gardent leur énergie pour survivre »

« C'est une bonne journée et une réussite », ont estimé le cégétiste morlaisien, Roger Héré, et son homologue de la CFDT, Loïc Guengant, à l'heure de la dispersion, vers 17 h, au niveau du rond-point Charles-de-Gaulle. « On est dans le haut du panier des manifestations, organisées ces derniers temps à Morlaix », ajoutent les deux syndicalistes à l'unisson. Au coeur du cortège, qui a quitté la place Puyo à 15 h 45 pour rejoindre la place Traoulen, certains s'attendaient, pourtant, à voir davantage de monde battre le pavé. « Il y a une telle colère, un tel ras-le-bol, une situation tellement dramatique... Mais le problème, c'est que certains n'ont plus l'énergie suffisante pour venir protester. Ils gardent le peu de jus qu'il leur reste pour survivre », estiment les Brestois Servane, Isabelle et Amédée, tous trois membres de Solidaires, dont la porte-parole nationale, Annick Coupé, était de la partie, hier, à Morlaix. Tout comme, d'ailleurs, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon. Mais aussi Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) lors de la présidentielle de 2012, et Raquel Garrido, secrétaire nationale du Parti de gauche.

Christian Troadec dans le cortège

Mais c'est Christian Troadec, arrivé vers 15 h 15 sans son bonnet rouge, qui s'est fait le plus remarquer, lui qui a été quelque peu chahuté, le matin, à Lorient. « On a tous pour mot d'ordre l'emploi en Bretagne. Il n'y avait donc aucune raison que je ne vienne pas à Morlaix, aujourd'hui. Je ne suis pas là pour faire de la provocation mais dans le respect des organisations syndicales », a souligné le porte-parole du collectif Vivre, décider et travailler en Bretagne. Avant d'être invectivé par un militant de la CFE-CGC : « Vous n'avez pas votre place ici. C'est irrespectueux. Vous venez faire la promo de votre manifestation du 30 novembre ».


« En finir avec la gestion irresponsable »

Finalement, c'est dans le calme que Christian Troadec et les quelque 3.000 autres manifestants ont défilé dans une ville de Morlaix quasiment désertée par ailleurs. Le tout, après avoir écouté le message commun, lu par Frédéric Huon. « Le pacte d'avenir est insuffisant. Aux propositions économiques qu'il contient, il faut ajouter un volet social conséquent, qui prenne en compte l'urgence des situations », a lancé le représentant CFDT de chez Jean Caby, à Lampaul-Guimiliau. Avant de s'en prendre au patronat : « Il faut en finir avec ces méthodes de gestion de trop d'entreprises irresponsables et arrogantes, qui détournent et gaspillent subventions et force de travail ».

Ronan Tanguy

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