1000 vaches : Ce ne sont pas des gardes à vue qui nous feront plier !

Publié le par Confédération Paysanne

1000 vaches : Ce ne sont pas des gardes à vue qui nous feront plier !

Un pas de plus a été franchi dans le bras de fer entre les opposants au projet de ferme-usine des 1000 vaches et son promoteur. Ce jeudi 21 novembre, des militants de la Conf', dont le porte-parole, ont été convoqués à la gendarmerie d'Abbeville et immédiatement placés en garde à vue. Au même moment, le président de l'association de riverains Novissen était lui aussi entendu dans une autre gendarmerie. 7h plus tard, tout le monde a été libéré.

On attend donc désormais de connaître les suites de cette affaire. Jusqu'où oseront-ils aller pour criminaliser une action syndicale qui a permis de mettre en lumière l'industrialisation de l'agriculture et la menace qu'elle fait peser sur l'avenir des paysans ?

En tout cas, s'il s'agissait de faire taire la Confédération paysanne sur ce projet de ferme-usine, c'est peine perdue. Quelques jours plus tôt, alors que les convocations étaient déjà arrivées, la Conf' et ses partenaires sont allés montrer leur détermination au ministère de l'Agriculture. Ils ont essayé en fait puisque les forces de l'ordre, très nombreuses, ne leur ont pas permis d'approcher (photo).

Mais nous étions là. Nous n'avons pas fui, comme nous ne reculerons pas devant les tentatives d'intimidation de Michel Ramery, promoteur du projet. Ce symbole de l'industrialisation de l'agriculture, d'un « modèle » qui conduit à l'élimination des paysans, à la destruction de l'environnement, à la dégradation de l'alimentation, ne doit pas voir le jour.

Semences : Les sénateurs font des paysans des délinquants

En deux jours, les sénateurs sont parvenus à valider un arsenal législatif qui enferme de fait les paysans dans l'obligation de se soumettre aux volontés des industriels semenciers. Désormais, les paysans qui voudront produire leur propre semence seront sous la menace constante de poursuites en contrefaçon, saisie voire destruction de leurs récoltes. Pour y échapper, ils devront prouver qu'ils n'ont reproduit aucune variété protégée et que leur semence n'a été contaminée par aucun gène breveté. Et il en sera de même pour les animaux ou encore pour les ferments, levures et autres micro-organismes porteurs de gènes brevetés.

Encore une fois, les discours politiques s'évaporent au moment de passer aux actes. François Hollande, en 2011, avait déclaré qu'il conviendrait de revenir sur la Loi COV (interdiction ou taxation de l'utilisation de ses propres semences). Mercredi, les sénateurs avaient ouvert la séance en affirmant leur soutien au droit des paysans d'utiliser les semences issues de leurs récoltes. Au final, ils n'ont été qu'une vingtaine à s'opposer à ces textes. Il va désormais falloir insister pour que les députés tiennent parole quand viendra leur tour de voter.

Le communiqué de presse du collectif Semons la biodiversité

Les plantes mutées sont des OGM ! Et nous le démontrerons

C'est une jolie opération de communication que mènent en ce moment les industriels semenciers. Face à la levée de bouclier, ils semblent s'incliner et accepter de ne plus essayer de nous forcer à faire pousser des OGM. Mais une fois les consciences rassurées, les voilà qui imposent, sans crainte d'être démasqués, un nouveau type d'OGM : les plantes mutées.

D'abord, il y a eu le tournesol, ensuite le colza, dont la grande volatilité favorise la dissémination. Tous deux sont issus de mutations génétiques. Contrairement à ce que dit le ministre de l'Agriculture, il n'y a rien de naturel là-dedans. Par contre, les conséquences de ces cultures sont bien celles des OGM : explosion de l'usage de pesticides, contamination des champs voisins, brevetabilité du vivant pour rendre les paysans dépendants des multinationales semencières.

Mardi, les Académies des sciences, de l'agriculture et des technologies organisaient à Paris un colloque sur les plantes génétiquement modifiées. Véritable opération de communication pro-OGM, ce colloque a été perturbé par des paysans de la Conf' (photo).

Et la mobilisation ne s'arrête pas là puisque la Confédération paysanne appelle à un rassemblement le 28 novembre au Geves (Groupe d'étude et de contrôle des variétés et semences).

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