Un toit, c’est un droit

Publié le par Observatoire des inégalités

 Un toit, c’est un droit

Prochainement une enquête du CAPM sur la pauvreté à Morlaix

Ci-dessous l'article de l'Observatoire des inégalités

1950 : un logement sur dix possède une douche ou une baignoire. 2006 : 99 logements sur 100 sont équipés. En 2013, on vit plus confortablement qu’il y a 60 ans ! Mais ce n’est pas encore le cas de tout le monde.

3,6 millions de mal-logés

Parmi eux, on compte les personnes sans logement personnel, les sans domicile fixe, et 3 millions de personnes vivant en logements surpeuplés ou insalubres.

685 000 personnes n’ont pas de logement à elles

Environ 400 000 personnes vivent chez des amis ou dans leur famille selon la Fondation Abbé Pierre. Les autres, environ 120 000 personnes, sont obligées de dormir à l’hôtel ou au camping. Enfin, on estime qu’entre 100 et 150 000 personnes sont sans domicile fixe, les SDF, et dorment régulièrement dans la rue et dans des foyers d’accueil.

150 000 sans domicile fixe (SDF)

Il est rare de se retrouver sans toit du jour au lendemain, c’est avant tout la conséquence de plusieurs évènements difficiles. Les personnes qui n’ont plus de domicile cumulent en général les difficultés : perte d’emploi, absence de famille ou d’amis pour les héberger ou les aider dans leurs démarches, problèmes de santé... Certains entrent dans un engrenage dont il devient difficile de sortir.

Où vivent les 3 millions restants ?

Outre les personnes sans logement, trois millions vivent dans des logements qui ne correspondent pas à leurs besoins : par exemple six ou sept personnes peuvent vivre dans un appartement prévu pour trois. On parle alors de surpeuplement. D’autres habitent dans des logements insalubres avec des fuites d’eau, l’électricité qui n’est pas aux normes, des difficultés de chauffage. La situation est évidemment très grave pour les « Sans domicile fixe », mais de nombreuses familles vivant sous un toit, aimeraient un logement plus grand et mieux situé.

Se loger, ça coûte cher !

Il est difficile de trouver un logement, d’autant plus en adéquation avec ses besoins et ses désirs quand on a des revenus modestes. D’autre part, de plus en plus de jeunes vivent seuls et les séparations au sein des couples multiplient les familles monoparentales. Les demandes de logements augmentent en conséquence. Même si en dix ans, le parc social s’est enrichi de près de 450 000 logements en France pour représenter 15 % des résidences principales (source : Fondation Abbé Pierre), et que l’Etat attribue des aides aux familles, l’effort reste insuffisant. D’autant que ces nouveaux logements proposés sont moins accessibles pour les ménages à faibles ressources car les plafonds de revenus pour y accéder et les loyers pratiqués sont plus élevés.

Les jeunes sont les premiers touchés

Les jeunes représentent une grande partie de la population mal-logée. Les plus concernés d’entre eux sont ceux qui sont au chômage, qui ont de petits salaires ou encore qui travaillent en contrat à durée déterminée (CDD). Les prix de l’immobilier (location et achat) varient en fonction du lieu où l’on souhaite habiter : à la périphérie d’une ville, dans une grande ville, à la campagne…. A l’intérieur d’une même commune, des quartiers où les logements sont moins chers rassemblent les personnes qui n’ont pas beaucoup de revenus. Ils sont principalement composés des « cités ». Certaines sont éloignées des centres-villes et mal desservies par les transports. Mais la vie en cité n’est pas toujours celle caricaturée par les médias.

Tous égaux face au logement ?

En moyenne, les ouvriers disposaient de 30 m2 par personne, en 2006 selon l’Insee. Un chef d’entreprise de 43 m2 et un cadre supérieur, de 38 m2. Mais attention, ce sont des moyennes. Dans les grandes villes, les gens occupent de beaucoup plus petites surfaces. Les plus âgés vivent aussi plus souvent dans des logements plus grands que les plus jeunes.

Un bon logement, ce n’est pas seulement un toit

Être bien logé, c’est aussi se sentir bien logé, ce n’est pas seulement dormir à l’abri. C’est aussi habiter dans un endroit que l’on aime, par exemple non loin de sa famille, avoir assez de pièces pour l’accueillir et recevoir ses amis ; ne pas être trop éloigné des commerces et surtout, de son travail ! Faute de revenus suffisants, beaucoup de personnes doivent faire de nombreux kilomètres pour se rendre à leur travail, car se loger plus près leur coûterait trop cher.

A quand un droit au logement pour tous ?

En 2007, les députés ont voté la loi sur le Droit au logement « opposable » (la loi « Dalo »), ce qui veut dire que l’Etat est, en théorie, obligé de fournir un logement pour tous. Cette loi permet aux personnes vivant dans des logements insalubres ou surpeuplés, d’être relogées en priorité. Depuis l’entrée en vigueur de cette loi le 1er janvier 2008 jusqu’à l’examen des recours fin 2010, moins de la moitié des personnes prioritaires ont pu être relogées.
Cette loi est difficile à appliquer, en grande partie parce que la France ne construit pas assez de logements. Normalement, les plus grandes communes doivent disposer de 25 % de logements sociaux. Mais beaucoup préfèrent encore payer des amendes que de loger les plus pauvres.

Propriétaires et locataires : l’écart se creuse

L’augmentation continue des prix de l’immobilier depuis quinze ans rend l’acquisition d’un logement difficile pour les catégories populaires et les classes moyennes. Les locataires sont plus souvent jeunes, célibataires et aux revenus modestes. Et les coûts liés au logement pèsent de plus en plus lourd dans leur budget. Les loisirs, la culture, les vacances et même la santé font partie des premières coupes budgétaires.
A l’inverse, le patrimoine des propriétaires a considérablement augmenté. Un ménage qui a acheté un appartement ou une maison il y a 15 ans au prix de 200 000 euros dispose aujourd’hui d’un patrimoine de 500 000 euros. Ainsi, même s’ils doivent pourtant assumer d’importantes charges de logement, les propriétaires sont mieux équipés que les locataires en lave-vaisselle (78 % contre 31 %), en appareil photo numérique (90 % contre 68 %), en internet (90 % contre 66 %), et en voiture (96 % contre 68 %) (données 2012, Crédoc).

Cet article est la reprise de notre fiche pédagogique consacrée au logement, en ligne sur www.jeunes.inegalites.fr.

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1859

Prochainement une enquête du CAPM sur la pauvreté à Morlaix

Publié dans Pauvreté, SDF

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