Des groupuscules derrière la colère des Bretons ? « Un chiffon rouge »

Publié le par Rue 89

Des groupuscules derrière la colère des Bretons ? « Un chiffon rouge »

Encore tout remués par les images de « jacquerie » et de « révolte » venant de Bretagne, on découvre en lisant Le Figaro que la Sous-direction de l’information générale (Sdig) de Rennes a identifié deux groupes qui attiseraient la colère :

Jeune Bretagne ne compterait guère plus de « 30 personnes », selon la police. Ses militants auraient toutefois réussi à attirer 4 000 « likes » sur la page Facebook « Révolte bretonne » [le créateur de la page dit n’avoir aucun lien avec les identitaires].

Quant à Breizhistance, il serait question de la « marge du mouvement », sans que son rôle dans les manifestations soit plus amplement précisé.

Contactés par Rue89, les deux groupes, opposés politiquement, partagent la même incrédulité.

  • Yann Vallerie, le président de Jeune Bretagne : « Je suis très surpris. On a appelé à manifester et nos membres prennent part aux manifestations, mais nous n’avons pas un rôle supérieur à d’autres. »
  • Fabris Cadou, de Breizhistance : « On ne s’est prononcés sur l’écotaxe que ce mardi matin, en appelant à manifester ce samedi ! »

Localisme identitaire

Le mouvement Jeune Bretagne a été créé en 2008. Il fait partie de la vague d’organisations régionalistes qui militent pour un localisme identitaire. Tout comme Alsace d’abord ou la Ligue du midi.

Pendant quelques années, il est lié au Bloc identitaire. Mais en 2012, le responsable du Bloc pour la région Grand-Ouest, Philippe Milliau, est éjecté du parti. Les relations se tendent. Depuis, le mouvement, concurrencé par Génération identitaire, connaîtrait quelques difficultés d’effectifs.

Yann Vallerie, comme d’autres identitaires, soupçonne une manœuvre du ministère de l’Intérieur pour discréditer les manifestants :

« Le gouvernement agite le chiffon rouge. C’est une révolte populaire qui réunit des gens de droite comme de gauche, et ça lui fait peur. Alors il tente de lui donner une couleur en parlant de groupes d’extrême droite et d’extrême gauche. »

Il se dit d’autant plus surpris que la lutte contre l’écotaxe n’est pas forcément le combat rêvé des identitaires. Lorsque l’on parle de « relocalisation » et de « sortie du mondialisme », on n’apprécie pas forcément « l’agriculture intensive ».

« Les patrons de l’agroalimentaire »

Breizhistance est un parti d’extrême gauche, créé il y a quatre ans dans le sillage du mouvement Emgann, en perte de vitesse depuis l’incarcération de son porte-parole, Gael Roblin. Ce dernier a été détenu dans l’affaire de l’attentat du McDonald de Quévert. Il a depuis été blanchi par la justice et a ouvert un bar à Rennes, baptisé le 1675, en référence à la révolte du papier timbré.

A entendre le secrétaire du mouvement, Breizhistance serait resté très prudent ce week-end et la semaine dernière. Les militants n’étant pas très « chauds » pour aller soutenir la cause « des patrons de l’agroalimentaire ».

Fabris Cadou :

« La seule manifestation à laquelle nous avons pris part sur la thématique de la Bretagne menacée et du maintien de l’emploi industriel remonte à l’année dernière. C’était à Rennes, à l’initiative de la CGT. Nous étions 3 000. »

Il est d’autant plus agacé que la note l’associe au « groupuscule d’extrême droite » Jeune Bretagne.

Manif’ maintenue samedi

Reste que les deux groupes ont un point commun : pour eux, l’écotaxe n’est qu’un « symbole », un « catalyseur » dont il est possible de tirer une révolte plus large. Même après le recul du gouvernement, ils maintiennent l’appel à la manifestation de samedi.

C’est peut-être ce qui inquiète la police. La Sdig souligne que la contestation pourrait donner des idées à d’autres régions, telle le Pays basque, l’Alsace ou la région niçoise.

Avant toute manifestation, la Sdig rédige une note à l’attention du préfet. Et depuis le saccage de Poitiers en 2009, les policiers ont tendance à être très exhaustifs. Histoire de ne pas être accusés d’impréparation par la suite.

Cette fois-ci, ils mentionnent donc les ultras, mais aussi les syndicats et autres organisations de transport, du BTP, de l’agroalimentaire. Et la « population qui commence à adhérer au mouvement ».

Un policier de la Sdig, qui travaille dans une autre antenne en France, décrypte :

« Les notes ne sont pas 100% fiables, mais souvent fiables. Notre rôle, c’est de rester éveillés sur les risques potentiels, de prévenir pour attirer l’attention des gouvernants. »

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pilhaouer 31/10/2013 07:43

Manif des salariés à Carhaix le samedi 2 novembre CGT, FSU, Solidaires

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article137896

www.cgt-bretagne.fr/IMG/pdf/20131030_Communique_des_organisations_syndicales_de_salaries_de_Bretagne.pdf

pilhaouer 31/10/2013 20:31

Salut Laurent et content de constater que nous vivons encore (;-))

On est en plein dans la confusion. Et même les positions évoluent : Le Front de Gauche sera apparemment à Carhaix ?! Les pêcheurs sont divisés.

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Carhaix.-Le-Front-de-Gauche-appelle-a-manifester-avec-la-CGT_40771-2244638-pere-bre_filDMA.Htm

Perso,j'approuve complètement le communiqué CGT-Solidaires-FSU .
Un Comité pour l'emploi avec pour porte-parole le maire opportuniste de Carhaix, c'était déjà douteux, mais se joindre à Le Fur, au Medef, à la FNTR et à l'Institut de Locarn, et à Merret, non merci!

La bonne solution était sans doute une manif de travailleurs et paysans de la "gauche de la gôôche" un autre jour, mais bon.

Vu l'état des forces, la manif de quimper sera contrôlée par la FDSEA et le patronat et ils ne se laisseront pas accuser de quoi que ce soit. Ce qui ne les empêchera pas de faire provoquer à la répression qui les arrangerait. On est dans la mascarade craignos, là.
Quant à la revendication identitaire, elle sert à vendre des boites de sardines ou des "vieilles charrues"et à faire croire que le capitaliste breton est sympa, lui.
Amitiés

pilhaouer 31/10/2013 07:38

Les benêts rouges .
Rappelons qu'une manifestation est organisée à Carhaix par les syndicats qui ne sont pas dupes et ne trouvent pas si rouges les gros bonnets de la FDSEA, de l'Institut de Locarn et des transporteurs.
Patrons salariés, même combat? La bonne blague!
pilhaouer

CAPM 31/10/2013 12:33

Salut Pilahouer,
Content de te lire ! Je n'avais plus de nouvelles....et j'en ai pas données non plus...
Sur Quimper, je pense que la question n'est pas aussi simple que ça. OK la FNSEA, le Medef, la droite, l'extrême-droite appellent à cette manif... appelée au début par le "collectif pour le maintien de l'emploi" de Carhaix. Ils tentent d'amalgamer la révolte des ouvriers licenciés de l'agro-alimentaire (alors qu'ils sont les licencieurs) à leur "révolte" poujadiste et réactionnaire. C'est le comble du cynisme. Devons-nous fuir cette situation difficile et partir à 50 km de là pour manifester et laisser ces travailleurs licenciés à la droite et à l'extrême droite, comme si ils étaient déjà "perdus" ? Je n'en suis pas sûr, ce n'est pas aussi simple, je pense que certaines organisations syndicales (FO, certains syndicats CGT...) continuent à appeler à Quimper, il faut y être et essayer de faire un pôle anticapitaliste (Breizhistance, NPA, Fase...) pour dire qu'il y a d'autres solutions que le repli identitaire et corporatiste. Ne laissons pas le terrain à la droite extrême et l'extrême-droite. Proposons nos réponses et combattons les leurs ! Je ne pense pas quand nous nous posons ces questions être des alliés objectifs de la droite, l'extrême-droite, du Medef, et de la Fnsea.
Interdictions des licenciements en Bretagne comme ailleurs !
Laurent
PS (sans jeu de mots) : Je viens d'entendre sur France Inter Urvoas qui appelle les Bretons à ne pas manifester à Quimper mais à Carhaix (et le PS c'est bien la droite aussi, maintenant plus grand monde ne se fait d'illusion ?), de l'autre j'apprends que le Front de Gauche appelle ...à la manif de Quimper (blog du Chiffon Rouge) et que la CNT s'en lave les mains : ni Carhaix, ni Quimper !!!! comme quoi ce n'est vraiment pas si simple !